Et cela semble plus vrai aujourd'hui que jamais. Il faut avouer qu'à première vue, le climat ne joue pas en faveur des marchés d'actions. Ces dernières semaines, les Bourses sont plus que déconseillées aux personnes sensibles ou cardiaques. Chaque jour où les Bourses ne parviennent pas à renverser la tendance à la baisse fait croître un peu plus la crainte que l'on doit voir dans le mouvement actuel plus qu'une simple correction nécessaire après les bénéfices enregistrés en 2009.

Les causes de ce malaise sont connues. L'année dernière, au fil du temps, les investisseurs se sont de moins en moins souciés de la récession, et ils étaient disposés à prendre des risques. La récession, et selon certains même la dépression, avait lentement mais sûrement évolué pour devenir une crise normale, et sur la base des prévisions économiques, celle-ci devait avoir disparu en 2010. Apparemment, sans avoir causé trop de dégâts. C'est dans ces circonstances qu'un nouveau spectre est venu hanter les salles de marchés ces dernières semaines.

En effet, la crise financière a engendré une crise des finances publiques. Voilà qui est toutefois nettement moins inattendu que ce que laissent supposer les médias. Toutefois, au vu du triste exemple de la Grèce, il est de plus en plus manifeste que les tentatives de sauvetage des différents pays ne sont pas restées sans conséquences pour la santé des caisses de l'Etat, voire pour sa survie. Le noyé semble tiré d'affaire, mais le sauveteur paraît avoir beaucoup souffert et nécessite d'être réanimé d'urgence. Les pays qui ne disposaient en outre déjà pas d'un tampon solide avant la crise, semblent à présent s'effondrer eux-mêmes.
Vivre en fonction de ses moyens semble être devenu le nouveau credo. Cependant, le moment n'est peut-être pas idéalement choisi pour cela. Les économies européennes ont aujourd'hui encore besoin d'aide. Si les autorités se mettent à présent à dépenser soudainement moins, à serrer les cordons de la Bourse, elles pourraient ainsi tuer le redressement dans l'oeuf. Une sortie involontaire et forcée donc.

Pour les marchés financiers, ce cocktail a été difficile à avaler ces dernières semaines. Une sortie trop rapide, provoquée ou non par les problèmes rencontrés par les finances publiques, pourrait bien causer le tant redouté double-dip (récession à double creux). N'oublions pas non plus le durcissement monétaire plus rapide que prévu en Chine et le tour de force sur les réformes dans le secteur bancaire aux Etats-Unis.

Pas vraiment de quoi se réjouir ? Sans vouloir sous-estimer la gravité de la situation, nous demeurons positifs à l'égard des marchés d'actions. Du moins si chacun continue à jouer son rôle. Les banquiers doivent continuer à s'occuper de leurs affaires. Les entrepreneurs doivent continuer à entreprendre. Les travailleurs doivent continuer à travailler. Les consommateurs doivent continuer à consommer. Et les politiques ? Ils doivent s'assurer que tout cela reste possible. Veiller au grain. Ne pas assainir de manière inconsidérée, mais couper là où cela s'avère nécessaire et même investir dans l'innovation. La panique est mauvaise conseillère. Il faut corriger les excès du passé en connaissance de cause.

Au sommet informel de Bruxelles de la semaine dernière, ils semblent y être déjà parvenus partiellement. Pour certains, dont les marchés monétaires, on aurait pu faire davantage. Mais force est de constater que la détermination des leaders européens de s'attaquer aux problèmes a dissipé de nombreuses craintes.
Il existe par ailleurs d'autres éléments qui nous confortent dans la conviction que 2010 est encore très prometteuse malgré le faux départ. La semaine dernière, les résultats ont commencé à affluer en Europe, après la saison américaine. Aux Etats-Unis, quelque 70% des entreprises du S&P500 ont fait mieux que les prévisions. Il reste à leurs collègues européens à faire au moins aussi bien.

La première cargaison de chiffres a donné des signaux encourageants que les annonces d'un premier redressement économique sur le Vieux continent ne sont pas des chimères. Il est motivant également de voir que les investisseurs recherchent les points positifs dans les résultats annuels. Ce qui indique malgré tout qu'une bonne et saine dose d'optimisme s'insuffle lentement mais sûrement dans les marchés. The proof will be in the eating.

Steven Vandenbroeke, rédacteur en chef

Et cela semble plus vrai aujourd'hui que jamais. Il faut avouer qu'à première vue, le climat ne joue pas en faveur des marchés d'actions. Ces dernières semaines, les Bourses sont plus que déconseillées aux personnes sensibles ou cardiaques. Chaque jour où les Bourses ne parviennent pas à renverser la tendance à la baisse fait croître un peu plus la crainte que l'on doit voir dans le mouvement actuel plus qu'une simple correction nécessaire après les bénéfices enregistrés en 2009. Les causes de ce malaise sont connues. L'année dernière, au fil du temps, les investisseurs se sont de moins en moins souciés de la récession, et ils étaient disposés à prendre des risques. La récession, et selon certains même la dépression, avait lentement mais sûrement évolué pour devenir une crise normale, et sur la base des prévisions économiques, celle-ci devait avoir disparu en 2010. Apparemment, sans avoir causé trop de dégâts. C'est dans ces circonstances qu'un nouveau spectre est venu hanter les salles de marchés ces dernières semaines. En effet, la crise financière a engendré une crise des finances publiques. Voilà qui est toutefois nettement moins inattendu que ce que laissent supposer les médias. Toutefois, au vu du triste exemple de la Grèce, il est de plus en plus manifeste que les tentatives de sauvetage des différents pays ne sont pas restées sans conséquences pour la santé des caisses de l'Etat, voire pour sa survie. Le noyé semble tiré d'affaire, mais le sauveteur paraît avoir beaucoup souffert et nécessite d'être réanimé d'urgence. Les pays qui ne disposaient en outre déjà pas d'un tampon solide avant la crise, semblent à présent s'effondrer eux-mêmes. Vivre en fonction de ses moyens semble être devenu le nouveau credo. Cependant, le moment n'est peut-être pas idéalement choisi pour cela. Les économies européennes ont aujourd'hui encore besoin d'aide. Si les autorités se mettent à présent à dépenser soudainement moins, à serrer les cordons de la Bourse, elles pourraient ainsi tuer le redressement dans l'oeuf. Une sortie involontaire et forcée donc. Pour les marchés financiers, ce cocktail a été difficile à avaler ces dernières semaines. Une sortie trop rapide, provoquée ou non par les problèmes rencontrés par les finances publiques, pourrait bien causer le tant redouté double-dip (récession à double creux). N'oublions pas non plus le durcissement monétaire plus rapide que prévu en Chine et le tour de force sur les réformes dans le secteur bancaire aux Etats-Unis. Pas vraiment de quoi se réjouir ? Sans vouloir sous-estimer la gravité de la situation, nous demeurons positifs à l'égard des marchés d'actions. Du moins si chacun continue à jouer son rôle. Les banquiers doivent continuer à s'occuper de leurs affaires. Les entrepreneurs doivent continuer à entreprendre. Les travailleurs doivent continuer à travailler. Les consommateurs doivent continuer à consommer. Et les politiques ? Ils doivent s'assurer que tout cela reste possible. Veiller au grain. Ne pas assainir de manière inconsidérée, mais couper là où cela s'avère nécessaire et même investir dans l'innovation. La panique est mauvaise conseillère. Il faut corriger les excès du passé en connaissance de cause. Au sommet informel de Bruxelles de la semaine dernière, ils semblent y être déjà parvenus partiellement. Pour certains, dont les marchés monétaires, on aurait pu faire davantage. Mais force est de constater que la détermination des leaders européens de s'attaquer aux problèmes a dissipé de nombreuses craintes. Il existe par ailleurs d'autres éléments qui nous confortent dans la conviction que 2010 est encore très prometteuse malgré le faux départ. La semaine dernière, les résultats ont commencé à affluer en Europe, après la saison américaine. Aux Etats-Unis, quelque 70% des entreprises du S&P500 ont fait mieux que les prévisions. Il reste à leurs collègues européens à faire au moins aussi bien. La première cargaison de chiffres a donné des signaux encourageants que les annonces d'un premier redressement économique sur le Vieux continent ne sont pas des chimères. Il est motivant également de voir que les investisseurs recherchent les points positifs dans les résultats annuels. Ce qui indique malgré tout qu'une bonne et saine dose d'optimisme s'insuffle lentement mais sûrement dans les marchés. The proof will be in the eating.Steven Vandenbroeke, rédacteur en chef