A circonstances exceptionnelles, mesures exceptionnelles. Telle est la devise qu'ont suivi les différents quartiers généraux des entreprises et sur ce plan, ils ont bien travaillé. Malheureusement, les licenciements étaient de la partie. Mais à long terme, l'économie a tout intérêt à avoir des entreprises rentables et en bonne santé. Pour la plupart des groupes cotés, les bilans sont meilleurs fin 2009 que fin 2008. La charge de la dette a été considérablement réduite.

Ici, nous nous inquiétons d'un redressement économique trop lent et d'un éventuel retour de la déflation. Ailleurs dans le monde, on craint la surchauffe et l'inflation. Quand nous écrivons "ailleurs", nous visons en premier lieu la Chine et l'Inde, où habite environ 1/3 de la population mondiale. A la fin de la semaine dernière, l'Inde a relevé ses taux pour la première fois depuis l'été 2008 parce que l'inflation avait augmenté de façon inquiétante. Cette manoeuvre a eu un certain impact sur les marchés financiers, mais l'influence de l'Inde sur l'économie mondiale n'est naturellement pas encore très grande. Jusqu'à nouvel ordre, la Chine demeure beaucoup plus importante.

L'Empire du Milieu est presque trois fois plus grand que le pays de Gandhi. Et pour un certain nombre de choses, il est même dominant. L'année passée, la part de la Chine dans l'économie mondiale a grimpé pour atteindre 8,7%, ce qui représente plus qu'un doublement par rapport aux 3,7% de 2000. La hausse est fulgurante ! A titre de comparaison, l'Inde contribuait l'année passée pour 3,5% à l'économie mondiale.

Mais le secteur dans lequel la Chine joue véritablement un rôle dominant désormais, est celui des matières premières en général et des métaux de base en particulier. Les chiffres sont renversants. Par exemple, au troisième trimestre 2009, le pays de Mao s'appropriait 40% de la demande mondiale totale d'aluminium. Sur 5 tonnes, 2 lui sont donc destinées. Ces chiffres semblent déjà étourdissants et pourtant, sa position est encore plus forte pour les autres métaux. Pour le cuivre, c'était 42% il y a environ six mois, pour le plomb et le nickel, 44%, pour le zinc, 46% et pour l'acier, même 48%. Pour l'acier, le rapport est donc presque d'1 tonne sur 2. Un rapide coup d'oeil sur les pourcentages de la fin 2000 nous démontre à quel point la position de la Chine a pris de l'ampleur en une décennie à peine. En ce qui concerne l'aluminium, la part dans la demande mondiale n'était que de 13% il y a dix ans.

L'évolution pour le nickel est encore plus spectaculaire : en 2000, la part de la Chine pour ce métal s'élevait seulement à 6% ! Notez à cet égard que la récente crise économique et financière n'a fait qu'accélérer cette forte évolution structurelle. Si nous examinons de nouveau l'aluminium et le nickel, nous observons des parts de respectivement 33 et 29% fin 2008. Moins d'un an plus tard, on en était déjà à 40 et 44%. La Chine étend progressivement sa domination pour la demande et la formation des prix des métaux de base.

Depuis l'année passée, la Chine est également le plus grand exportateur au monde ; elle a ainsi détrôné l'Allemagne. Toutefois, ce qui importe davantage que les exportations pour l'évolution future du pays de Mao, c'est le développement de l'économie intérieure. L'apparition d'une classe moyenne forte constitue un élément crucial dans ce cadre. En 1985, le revenu annuel moyen par tête pour les 10% de revenus les plus élevés était environ de 1400 renminbis (RMB) ou yuans (CNY), contre en moyenne 500 pour les 10% de revenus les plus bas. En 2008, le revenu moyen pour la plus faible catégorie avait déjà été multiplié par dix pour passer à 5200 RMB ou CNY, mais l'écart avec les classes moyenne et supérieure a énormément augmenté. Il y a deux ans, la classe moyenne se caractérisait par un revenu annuel moyen de 11 à 21.000 RMB ou CNY, alors que la classe supérieure avait grimpé vers une moyenne annuelle de près de 50.000 RMB ou CNY. Soit un rapport de 1 sur 10 entre la plus haute et la plus basse catégorie, contre un rapport de 1 sur 3 il y a un quart de siècle. Le pays recèle donc un potentiel substantiel pour l'augmentation des revenus, surtout dans l'arrière-pays chinois.

Tout investisseur désireux d'obtenir des rendements supérieurs à la moyenne devra tenir compte du thème de la montée de la classe moyenne en Chine et dans d'autres pays émergents.

Par Danny Reweghs, Directeur stratégie

A circonstances exceptionnelles, mesures exceptionnelles. Telle est la devise qu'ont suivi les différents quartiers généraux des entreprises et sur ce plan, ils ont bien travaillé. Malheureusement, les licenciements étaient de la partie. Mais à long terme, l'économie a tout intérêt à avoir des entreprises rentables et en bonne santé. Pour la plupart des groupes cotés, les bilans sont meilleurs fin 2009 que fin 2008. La charge de la dette a été considérablement réduite. Ici, nous nous inquiétons d'un redressement économique trop lent et d'un éventuel retour de la déflation. Ailleurs dans le monde, on craint la surchauffe et l'inflation. Quand nous écrivons "ailleurs", nous visons en premier lieu la Chine et l'Inde, où habite environ 1/3 de la population mondiale. A la fin de la semaine dernière, l'Inde a relevé ses taux pour la première fois depuis l'été 2008 parce que l'inflation avait augmenté de façon inquiétante. Cette manoeuvre a eu un certain impact sur les marchés financiers, mais l'influence de l'Inde sur l'économie mondiale n'est naturellement pas encore très grande. Jusqu'à nouvel ordre, la Chine demeure beaucoup plus importante. L'Empire du Milieu est presque trois fois plus grand que le pays de Gandhi. Et pour un certain nombre de choses, il est même dominant. L'année passée, la part de la Chine dans l'économie mondiale a grimpé pour atteindre 8,7%, ce qui représente plus qu'un doublement par rapport aux 3,7% de 2000. La hausse est fulgurante ! A titre de comparaison, l'Inde contribuait l'année passée pour 3,5% à l'économie mondiale. Mais le secteur dans lequel la Chine joue véritablement un rôle dominant désormais, est celui des matières premières en général et des métaux de base en particulier. Les chiffres sont renversants. Par exemple, au troisième trimestre 2009, le pays de Mao s'appropriait 40% de la demande mondiale totale d'aluminium. Sur 5 tonnes, 2 lui sont donc destinées. Ces chiffres semblent déjà étourdissants et pourtant, sa position est encore plus forte pour les autres métaux. Pour le cuivre, c'était 42% il y a environ six mois, pour le plomb et le nickel, 44%, pour le zinc, 46% et pour l'acier, même 48%. Pour l'acier, le rapport est donc presque d'1 tonne sur 2. Un rapide coup d'oeil sur les pourcentages de la fin 2000 nous démontre à quel point la position de la Chine a pris de l'ampleur en une décennie à peine. En ce qui concerne l'aluminium, la part dans la demande mondiale n'était que de 13% il y a dix ans. L'évolution pour le nickel est encore plus spectaculaire : en 2000, la part de la Chine pour ce métal s'élevait seulement à 6% ! Notez à cet égard que la récente crise économique et financière n'a fait qu'accélérer cette forte évolution structurelle. Si nous examinons de nouveau l'aluminium et le nickel, nous observons des parts de respectivement 33 et 29% fin 2008. Moins d'un an plus tard, on en était déjà à 40 et 44%. La Chine étend progressivement sa domination pour la demande et la formation des prix des métaux de base. Depuis l'année passée, la Chine est également le plus grand exportateur au monde ; elle a ainsi détrôné l'Allemagne. Toutefois, ce qui importe davantage que les exportations pour l'évolution future du pays de Mao, c'est le développement de l'économie intérieure. L'apparition d'une classe moyenne forte constitue un élément crucial dans ce cadre. En 1985, le revenu annuel moyen par tête pour les 10% de revenus les plus élevés était environ de 1400 renminbis (RMB) ou yuans (CNY), contre en moyenne 500 pour les 10% de revenus les plus bas. En 2008, le revenu moyen pour la plus faible catégorie avait déjà été multiplié par dix pour passer à 5200 RMB ou CNY, mais l'écart avec les classes moyenne et supérieure a énormément augmenté. Il y a deux ans, la classe moyenne se caractérisait par un revenu annuel moyen de 11 à 21.000 RMB ou CNY, alors que la classe supérieure avait grimpé vers une moyenne annuelle de près de 50.000 RMB ou CNY. Soit un rapport de 1 sur 10 entre la plus haute et la plus basse catégorie, contre un rapport de 1 sur 3 il y a un quart de siècle. Le pays recèle donc un potentiel substantiel pour l'augmentation des revenus, surtout dans l'arrière-pays chinois. Tout investisseur désireux d'obtenir des rendements supérieurs à la moyenne devra tenir compte du thème de la montée de la classe moyenne en Chine et dans d'autres pays émergents. Par Danny Reweghs, Directeur stratégie